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Tatouage des oeuvres, une alternative aux DRMs ?

Mercredi, décembre 16th, 2009

Les DRMs

Les récentes évolutions des outils Adobe relance le débat sur les DRMs. Les grands distributeurs sont pour beaucoup passé à ce système de « protection » pour les ouvrages qu’ils proposent, soit en s’appuyant sur la technologie Adobe soit en réfléchissant à leur propre proposition.

Mais l’usage des DRMs pose les problème que l’on connait bien :
- impossibilité de lire les oeuvres sur des lecteurs non compatibles
- impossibilité de transférer une oeuvre achetée sur un autre support
- impossibilité de prêter l’oeuvre, comme aujourd’hui on peut prêter son livre
- j’en passe…

La problématique

Il convient de se poser la question : quelle est la problématique pour les auteurs, les maisons d’édition et les distributeurs :
- Garantir l’intégrité du contenu, i.e. ne pas acheter un contenu qui serait différent de l’original
- Interdire la copie illégale et la distribution en dehors du circuit commercial
- Permettre à l’acheteur légal, et à lui seul, de pouvoir lire l’oeuvre

Le tatouage

Mais une solution alternative aux DRMs existe : le tatouage (watermarking en anglais). Elle propose une sécurisation du contenu sous un angle différent en n’empêchant pas sa diffusion, sa copie ou sa distribution mais en permettant de :
- Marquer le contenu de manière visible et/ou invisible avec des données permettant d’identifier l’oeuvre
- Détecter si une oeuvre diffusée a été modifiée
- Résister à des modifications de l’oeuvre (compression par ex.)

Le principe de marquage se base sur des algorithmes mathématiques de chiffrement. On « cache » une information (données de transaction, numéro de client, marque visuelle pour les images,…). Pour cela on combine l’algorithme avec les informations et une « clef » secrète. Il est possible d’utiliser un panel d’algorithme variés et plus ou moins complexes. Chacun ayant des avantages et des inconvénients, l’important est que la méthode choisie réponde à 3 critères de base :
- Imperceptibilité : cette notion assez subjective sous entend qu’une personne lambda ne doit pas être en mesure de détecter la présence de la marque
- Résistance / robustesse : le marquage doit bien évidemment résister aux attaques éventuelles de pirates, aux déformations dues à l’environnement (notion de bruit) et aux modifications intentionnelles (découpage, changement de format…)
- Spécificité : la marque doit être identifiable sans hésitation si elle est présente. Un bon marquage réduit à la portion congrue les risque de « false positive » (penser que la marque est présente alors que non, ne pas la voir alors qu’elle y est ou indiquer que l’oeuvre n’est plus « originale » alors que c’est le cas)

Les types de marquages

Trois grandes familles de marquage existent :
- privé : le support originel est comparé au support récupéré pour retrouver la marque
- aveugle : seul le contenu récupéré et la clef sont utilisé pour retrouver la marque
- asymétrique : utilisation d’un secret partagé (se base sur le principe de clefs privé/clefs partagées en chiffrement)

A l’usage seul le marquage aveugle est réellement utilisé en production parce qu’il est le moins complexe à mettre en oeuvre.

Domaines d’applications

Le marquage est particulièrement utilisé dans tout ce qui touche à l’imagerie numérique :
- photos, illustrations, dessins,
- images animées,
- son, musique,
- films, séquences vidéo, vidéosurveillance,
- animations 3D, …

Par contre il est un domaine encore orphelin, où, malgré plusieurs années de recherche et des tentatives plus ou moins heureuses, aucune solution « viable » n’existe : le texte.

Des tentatives ont eu lieu sur des documents imprimés en jouant sur la représentation visuelle (espacements, alignements, …) mais les techniques ne résistent plus aux attaques modernes.

Des pistes de codage basés sur des techniques de substitutions par synonymes ont été abandonnées car trop peu robuste et modifiant le contenu même de l’oeuvre : le texte.

Conclusion

Autant le monde du graphisme et de l’audiovisuel semblent avoir opté pour la solution du tatouage, autant le monde de l’édition n’a pas de solution équivalente encore disponible. Les DRMs semblent donc avoir encore de beaux jours devant eux.

http://www.leezam.com

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