Livre numérique, livre enrichi, livre interactif, Web 2.0, nouvelles formes d’écriture, lecture nomade et positionnement de Leezam sur la chaîne du livre : 9 questions à Gwendal Bihan, PDG-fondateur de Leezam.
Pourquoi le livre numérique ? Pourquoi avez-vous créé Leezam ?
C’est mon coté « geek littéraire ». J’avais envie de mettre mes compétences techniques au service d’une autre passion : la littérature. Or dans le domaine de l’édition de livres numériques il reste tout à inventer. Chaque jour, je rencontre des gens qui débordent de projets et d’idées et tout ceci est terriblement excitant. À mon sens, la culture est une science en mouvement et il ne faut pas avoir peur d’innover. Chez Leezam, nous sommes convaincus qu’il y a toute une offre de lecture à développer. Pour trouver son public, le livre numérique ne doit pas être une pâle copie du livre papier.
Pourtant le livre numérique inquiète. Certains voient son arrivée sur le marché d’un mauvais œil…
Tout changement suscite des craintes, mais c’est dommage de voir l’arrivée du livre numérique comme une menace, car il ne s’agit pas de remplacer le livre papier mais bel et bien d’inventer de nouvelles formes d’écriture et d’attirer vers la lecture la génération des « digital natives » naturellement tournée vers les écrans. Avant d’être un objet, le livre est d’abord un support de diffusion d’idées et d’émotions. Si le numérique permet d’amplifier sa résonnance, tant mieux !
Avec le numérique, certains craignent l’émergence d’une littérature au rabais, moins dense ; une sorte d’homogénéisation des textes…
Il ne s’agit pas selon moi d’une littérature au rabais mais bien d’une AUTRE littérature. Le numérique comporte des contraintes qu’auteurs et éditeurs doivent intégrer dans l’écriture. Prenons l’exemple du format court, qui est l’un des formats auxquels nous croyons parce qu’il s’inscrit dans les nouveaux usages de lecture numérique. Cette contrainte de longueur ne remet pas en cause la qualité des textes. Je pense, au contraire, qu’elle favorise de nouvelles formes d’écriture : une écriture peut-être plus rythmée, plus ramassée, immédiate et instantanée. L’histoire de la littérature est une succession de nouvelles formes d’écriture et de défis que certains auteurs se sont lancés et ont relevés : La Disparition de Georges Pérec, 320 pages sans un seul « e », en est l’exemple !…. Je pense que l’écriture numérique, innovante et adaptée à la lecture nomade, est la prochaine étape de cette histoire et que de nombreux auteurs souhaitent relever le défi.
Pouvez-vous nous décrire le livre de demain ?
Le livre de demain sera assurément numérique et probablement enrichi, interactif et transmédia.
Qu’est qu’un livre enrichi transmédia ?
Un livre enrichi transmédia c’est d’abord la rencontre de plusieurs talents : écrivains, photographes, illustrateurs, musiciens par exemple. Le numérique permet en effet d’enrichir le livre de sons, d’images et même de vidéos. Le livre enrichi est aussi vecteur de connaissance et de compréhension à travers des services additionnels autour du texte : des liens hypertextes donnant accès à des dictionnaires et d’autres informations…de contextualisation par exemple, grâce à la géolocalisation. Pour résumer le livre numérique est un univers ouvert et évolutif, et il y a énormément de possibilités à explorer. D’ailleurs, nous réfléchissons aux meilleurs enrichissements à apporter grâce à un projet de recherche labellisé par le Ministère de la Culture que nous menons actuellement avec l’IRI, l’Institut de Recherche et d’Innovation du Centre Pompidou.
Si le livre numérique peut faire intervenir d’autres médias tels que la vidéo ou le son, est-ce toujours un livre à proprement parler ?
Oui, il s’agit toujours d’un livre puisqu’il implique un acte volontaire pour passer d’une page à l’autre. Par le mot livre, j’entends également support de diffusion de la culture et de ce point de vue, l’idée de Gutenberg ne semble pas trahie.
Et qu’en est-il du web 2.0 ?
Le web 2.0 est un formidable outil. Il permet notamment aux lecteurs d’exprimer leurs goûts littéraires et d’encourager les membres de leurs communautés Facebook et Twitter à découvrir une œuvre. Il favorise ainsi la notion de plaisir partagé et d’échange culturel. Le livre interactif grâce au Web 2.0 permet également aux lecteurs d’annoter et de partager leurs interprétations avec le reste de leur communauté.
Pouvez-vous nous présenter les activités éditoriales de Leezam ? Les collections déjà éditées ?
La ligne éditoriale de Leezam est centrée sur les nouvelles formes d’écriture adaptées aux supports et usages de la lecture numérique. Nous mettons un point d’honneur à impliquer les auteurs dans ce processus. Leezam compte déjà à son actif l’édition d’une vingtaine d’œuvres dont la publication de la 1ère série littéraire à lire sur iPhone: le thriller La Toile de Florian Lafani, publié en 9 épisodes téléchargés par 10 000 lecteurs. La collection Leezam Shorts incarne une autre innovation Leezam puisqu’il s’agit de la première publication de nouvelles vendues à l’unité 0,79 euros. Enfin, Leezam confirme son rôle précurseur en éditant Carré Blanc d’Eric Marrian, le 1er livre d’art numérique à paraître à la rentrée prochaine. D’autres collections innovantes sont actuellement en gestation et verront le jour à l’automne 2010.
Leezam développe également son activité d’e-libraire, pouvez-vous nous en dire plus ?
Le e-librairie Leezam.com s’est fixée pour objectif de faire émerger une offre diversifiée d’ebooks. À terme elle commercialisera les œuvres d’éditeurs partenaires aux cotés du catalogue Leezam Editions. Nous souhaitons ainsi faire bénéficier aux éditeurs de notre expérience de pionnier de l’édition numérique grâce à notre technologie innovante de restitution de textes sur iPhone, iPad et webphone. Enfin nous avons pour volonté d’initier de nouvelles relations entre e-libraire et e-lecteur à travers les réseaux sociaux Facebook et Twitter et à la TV web et mobile Leezam.TV, la télé des auteurs et lecteurs Leezam.
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